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Blaise Pascal, Bernanos et Péguy, la gauche transcendante

Georges Bernanos et Charles Péguy sont des écrivains français singulièrement marquants du XXe siècle qui ont tous deux été influencés par le catholicisme et ont fait de leur foi une partie intégrante de leur oeuvre littéraire. Dans cet essai critique, nous allons comparer leur approche du catholicisme et de sa place dans leur vie et leur travail.

Charles Péguy, est connu pour ses écrits sur l’artisanat et les ouvriers, l’enseignement, l’argent, la foi et la spiritualité qui convergent dans son engagement en faveur de la justice sociale. Socialiste et anti moderne, catholique et anticlérical, chrétien et dreyfusard, patriote et internationaliste, toujours à la recherche de l’équilibre menant au bien commun, il marche souvent seul, capable de supporter la brouille avec ses anciens camarades pour rester fidèle à sa conception de la vie et du monde. Orléanais fils d’une rempailleuse de chaises et d’un menuisier, sa foi catholique est également au coeur de son oeuvre et de ses convictions, mais elle est plus intellectualisée et appliquée à la société que la foi plus pratique et plus proche de la condition humaine de chacun de Bernanos. Cette intellectualisation se retrouve notamment dans sa passion pour les figures des Saints, des martyrs, et pour le mysticisme. Comme avant lui Saint Thomas d’Aquin ou Blaise Pascal, Péguy s’intéresse à la relation entre la foi et la raison, et met en avant l’importance de la tradition et de la mémoire pour toute civilisation saine, qui se construit à chaque génération sur les fondations érigées par la précédente. Socialiste, admirateur de Jaurès, l’influence de plus en plus marquée du marxisme sur le courant socialiste révulse pourtant Péguy qui pressent le danger d’une telle « uniformisation ». Pour lui, il n’y a pas de révolution sociale légitime sans respect de la personne et de sa singularité. La diversité des hommes, des caractères, des sentiments, sont pour lui une caractéristique humaine qu’il est primordial de préserver. Le socialisme doit libérer les individus du joug économique qui les empêche d’être eux-mêmes ; il ne doit en aucun cas les aliéner à un système de pensée, une idéologie. C’est pourquoi le maître-mot de la pensée politique de Péguy, qu’il oppose frontalement à l’unité, est l’harmonie, c’est-à-dire la coexistence dans la diversité. Le même, la standardisation, l’homogénéité des civilisations et des hommes ne sont pour lui pas le moins du monde désirable. La notion de la blessure, de la de l’inquiétude, de la vulnérabilité, en bref de la souffrance qui est le lot de la majeure partie de l’humanité lui paraît le préalable nécessaire pour une réelle accessibilité à la grâce transcendante.

Georges Bernanos quant à lui est notamment connu pour son roman « Journal d’un curé de campagne », publié en 1936, qui narre l’histoire d’un jeune prêtre rural devant faire face à de nombreux défis et contradictions dans son travail et sa foi. Bernanos met en relief et rend sensibles les valeurs transcendantes de l’homme face à l’adversité et à la crise morale de l’époque, et met en valeur l’intérêt de la tradition chrétienne et de la foi contre les forces de l’athéisme, du matérialisme et de l’individualisme qui menacent l’équilibre de la société, et jusqu’à ses fondements. Sa foi catholique est au coeur de son oeuvre et de son engagement en faveur de la justice et de l’égalité. Sa thèse principale est que l’homme n’est pas réductible à son action matérielle, mais comporte une composante spirituelle fondamentale, qui se trouve confrontée de façon antagoniste au nivellement de la société ordolibérale impulsée par les américains, ce qu’il nomme la « civilisation des machines ». En ce sens, il rejoint Péguy et ses plaidoyers vibrants contre l’uniformisation, en faveur de l’harmonie et de la liberté.

 

Rachel mcdermott fZ2DnCBiLE8 unsplash

 

En comparant leur approche du catholicisme il semble que Bernanos et Péguy aient des approches qui peuvent parfois sembler différer de la foi et de sa place dans leur vie et leur travail. Bernanos met en avant les valeurs de l’homme face à l’adversité et à la crise morale de l’époque, tandis que Péguy s’intéresse à la relation entre la foi et la raison et met en avant l’importance de la tradition et de la mémoire dans la spiritualité. Cependant, leurs visions complémentaires se rejoignent sur la nécessité de valeurs transcendantes qui permettent une civilisation harmonieuse et libre, opposée au matérialisme, à l’individualisme et à la conflictualité d’un modèle alternatif de civilisation qui commence à émerger à cette époque, et qui porte, hélas, ses fruits dans la nôtre.

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