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COVID-19, Coronavirus, Faits, Mythes Et Réalités

COVID-19, Coronavirus, Faits, Mythes et Réalités

L’Histoire des grandes épidémies reste gravée dans notre inconscient collectif. Pasteur, et les avancées considérables de la médecine nous ont donné l’espoir de pouvoir considérablement réduire le tribu exigé par la Nature, et peut-être parvenir à prévenir définitivement la survenue des pestes de toutes sortes. Mais malgré ces armes formidables apportées par le progrès de la connaissance, la Nature nous rappelle à notre humilité en nous rappelant la véritable place de l’homme sur la Terre, et dans le Cosmos.

A fame, peste et bello, libera nos, Domine.

Prière quotidienne du Moyen-Âge

Diagnostic

Coronavirus MEB
Coronavirus SARS-CoV-2 en microscopie électronique à balayage

Le CDC Chinois a établi des critères⁠1 de diagnostic qui permettent un filtrage opérant en environnement hospitalier des patients qui ont la plus forte probabilité d’être porteurs d’un COVID, et d’évoluer potentiellement vers une forme grave.

Ces critères sont:

Au moins trois parmi⁠2

  • Fièvre>38°C/Toux Sèche
  • Lymphopénie
  • Images caractéristiques au scanner
  • Positivité de la RT-PCR

Ce premier criblage permet d’identifier les patients probables, qui devront être confirmés par un test de RT-PCR, réalisé au minimum sur le rhinopharynx, ou si possible sur une aspiration bronchique ou sur un lavage broncho-alvéolaire.

Bien que la technique de PCR soit en elle-même l’une des plus fiables dont dispose la médecine moderne, il existe dans le cadre du COVID des faux négatifs (la sensibilité de la RT-PCR selon les études semblerait être d’environ 75% -source: EMTCrit Project-) qui nécessitent de renouveler plusieurs fois le tests en présence d’un faisceau d’argument en faveur d’un COVID-19. Les faux négatifs s’expliquent par la réalisation défectueuse du prélèvement ou son manque de sensibilité (rhinopharynx<LBA), et la labilité de la charge virale intra et inter-individuelle.

Une fois le diagnostic confirmé, les patients seront définis comme appartenant à l’une des formes suivantes:

Cas bénins

Les symptômes cliniques sont bénins et aucune manifestation de pneumopathie ne peut être trouvée en imagerie.

Cas modérés

Les patients présentent des symptômes tels que fièvre et symptômes des voies respiratoires, etc. et des manifestations de pneumopathies peuvent être observées en imagerie (au scanner, aussi appelé TDM). La maladie dure en général 7 à 10 jours.

Cas sévères

Les adultes qui répondent à l’un des critères suivants: fréquence respiratoire ≥ 30 respirations / min; saturation en oxygène ≤ 93% à l’état de repos; pression artérielle partielle d’oxygène (PaO₂) / concentration d’oxygène (FiO₂) ≤ 300 mmHg. Les patients présentant une progression des lésions > 50% en 24 à 48 heures en imagerie pulmonaire doivent être traités comme des cas graves. La maladie peut durer plus de deux semaines.

Cas critiques (5% des cas)

Répondant à l’un des critères suivants: survenue d’une insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation mécanique; présence de choc; autres défaillances d’organes nécessitant une surveillance et un traitement en USI.

Les cas critiques sont en outre divisés en stades précoce, intermédiaire et avancé en fonction de l’indice d’oxygénation et de la compliance respiratoire.

● Stade précoce: 100 mmHg<Pa02≤150 mmHg  ; compliance respiratoire≥30 mL/ccmH₂O; sans défaillance d’organes autres que les poumons. Le patient a de grandes chances de guérison grâce à un traitement antiviral actif, anti-choc cytokinique et de soutien des fonctions d’organes.

● Stade intermédiaire: 60 mmHg<Pa02≤100 mmHg; 30 mL/cmH₂O>compliance respiratoire≥15mL/ccmH₂O; peut être compliqué par un autre dysfonctionnement léger ou modéré d’autres organes.

● Stade avancé: Pa02≤60 mmHg; compliance respiratoire<15 mL/cmH₂O; opacification pulmonaire diffuse des deux poumons nécessitant un recours à l’ECMO; ou défaillance d’autres organes vitaux. Le risque de mortalité est considérablement augmenté

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Selon les études, environ 15 à 20% des patients COVID-19⁠3 nécessiteront un passage en soins intensifs et/ou en réanimation (A.J Rodrigues-Morales et Al., Travel Medecine and Infectious Disease).

Il est important de noter que toutes les études de modélisation de la courbe épidémique mettent en évidence l’importance des asymptomatiques (environ 35% de porteurs asymptomatiques) et des cas non diagnostiqués (COVIDs légers ou même modérés qui ne sont pas décelés en tant que COVID) dans la propagation de la maladie. D’où l’importance d’une stratégie efficace de dépistage large de la population (suivie d’un isolement jusqu’à négativation de l’excrétion virale des COVID+ symptomatiques ou non) afin de mettre un terme à l’épidémie et pouvoir espérer lever le confinement au plus tôt (Li R, Pei S, Chen B, et al. Substantial undocumented infection facilitates the rapid dissemination of novel coronavirus (SARS-CoV2). Science. 2020;6:eabb3221-eabb3229. doi:10.1126/science.abb3221.).

Principaux symptômes par fréquence⁠4 (Systematic Review and Meta-analysis, J. Rodriguez-Morales et Al.)

  • Fièvre 88.7%
  • Toux 57.6%
  • Myalgies Arthralgies asthénie 52.3%
  • Dyspnée  45.6%

Taux de mortalité

Le taux de mortalité diffère selon les études. Pour l’OMS, il est de 2,9%. Dans les différentes études il varie entre 1,4%⁠5 et 15%⁠6.

Facteurs de risque⁠7

L’âge et le sexe masculin sont des facteurs de risque d’évolution défavorable. 2/3 des décès sont des hommes, qui ont donc deux fois plus de risque de décéder que les femmes et sont également sur-représentés dans les COVID graves en général. Les enfants de moins de 14 ans représentent entre 0,35% et 0,9%⁠8 du total des cas: les enfants sont globalement protégés (une des hypothèses pour expliquer cette « protection » est que le récepteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2, qui est le point d’entrée du virus dans les cellules qu’il infecte, est beaucoup moins exprimé chez les enfants que chez les adultes).

Parmi les cas de pneumopathies, 50,1% des patients ont des comorbidités associées. Les plus fréquentes étant l’hypertention, le diabète, le surpoids, les autres facteurs de risque cardio-vasculaires.

Le fait d’être professionnel de santé est un facteur de risque majeur.

La profondeur de la lymphopénie (et le cas échéant de la thrombocytopénie) et des DDimères >1 sont quant à eux des facteurs associés avec un pronostic péjoratif, de même que l’élévation de la troponine qui est liée à l’atteinte mycoardique (myocardite).⁠9

Principaux examens de laboratoire de pratique courantes informatifs (pronostic, suivi…)

Éléments pronostics, prédictifs de l’évolution de la maladie

  • Lymphopénie (il peut également exister une leucopénie, et une thrombopénie).
  • Elevation de la CRP
  • Augmentation des LDH
  • Augmentation des DDimères (facteur pronostic)
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La lymphopénie, en plus d’être une piste intéressante d’explication de certaines des conséquences de la maladie, semble avoir une valeur prédictive assez intéressante. Les LDH et les DDimères semblent quant à eux bien corrélés au degré d’atteinte.

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  • Le degré de l’atteinte cardiaque peut être suivi via la TropoUS
  • La surinfection dans les cas sévères nécessite le suivi de la PCT (la plupart des COVID ont une CRP augmentée à PCT normale. L’augmentation de la PCT signe la surinfection bactérienne).
  • L’atteinte rénale est monitorée sur urée, créat

La surinfection nécessite des examens cytobactériologiques des produits d’aspiration bronchique, avec réalisation d’antibiogramme le cas échéant.

Les autres apports du laboratoire (diagnostic direct et indirect)

Détection par amplification génique en RT-PCR

La réalisation de l’amplification génique peut avoir lieu sur différents types de supports : écouvillons oraux pharyngée, et cousinages nasaux forgés, sécrétions nasaux pharyngées. Mais également crachats, sécrétions trachéobronchiques, lavage bronchio-alvéolaire.

L’amplification peut également avoir lieu sur sang total (bien que la virémie soit transitoire), dans les urines, et dans les feces (comme pour le SRAS).

Le choix du type de prélèvement, l’entraînement de l’opérateur, ainsi que le moment de la réalisation au cours de l’histoire de la maladie sensibilisent les résultats du prélèvement.

La RT-PCR est la méthode de choix⁠10 afin d’affirmer la présence virale de SARS-CoV-2, du fait de sa spécificité, et sa sensibilité, ainsi que la précocité de sa détection dans le cours de la maladie.

La méthode consiste à préparer le specimen de façon à lyser le virus et extraire les acides nucléiques (ARN). Les 3 gènes spécifiques ORF1a/b, le gène N (protéine de la nucléocapside) et le gène E codant pour les protéines d’enveloppe sont ensuite amplifiés. Si le virus était présent au départ, son matériel génétique est révélé, et donc retrouvé. S’il ne l’était pas il n’est pas retrouvé et le test est négatif.

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Tests sérologiques

Les tests sérologiques (détection d’IgM/IgG ou IgA/IgG) permettent de mettre en évidence la séroconversion des patients (la RT-PCR peut être réalisée beaucoup plus précocement), et rétrospectivement d’évaluer leur exposition au virus. La sérologie apporte cependant moins d’informations que la RT-PCR (en dehors du diagnostic rétrospectif) dont elle est complémentaire.

  • Les IgM se positivent en moyenne en 3 à 5 jours, et atteignent leur pic en 15 jours environ.
  • Les IgG se positivent plus tardivement en 12 à 20 jours.

Il est à noter que tous les kits de réalisation de sérologies ne se valent pas. Les tests rapides (ceux ressemblant aux tests de grossesse, avec révélation par apparition de bandes) sont une version moins aboutie des « vrais » tests sérologiques par technique ELISA. Mais même en ce qui concerne les tests ELISA, tous ne donnent pas des résultats comparables. En particulier certains kits chinois et coréens donnent beaucoup de faux négatifs. En Europe, le kit Euroimmun par exemple, a une bonne sensibilité et une bonne spécificité.

Culture cellulaire

Si la RT-PCR permet de mettre en évidence la présence (ou l’absence) du génome et donc la présence ou l’absence du virus, elle ne permet pas de conclure quant au fait qu’il soit actif (vivant) ou inactif (mort).

Dans ce cas, il est fait appel à la culture virale sur cellules (VERO4 par exemple). Si le virus est présent et vivant, son effet cytopathogène sera visible au bout de quelques jours. S’il est mort, l’effet cytopathogène ne sera pas présent.

Pami les patients admis en soins intensifs, les principales défaillances d’organes les plus fréquentes sont:

  • Défaillance respiratoire aigüe  32.8%
  • Insuffisance cardiaque aigüe    13%
  • Insuffisance rénale aigüe           7.9%

Ces défaillances correspondent à l’action du virus sur les tissus de ces différents organes⁠11, retrouvée histologiquement (en particulier dans les poumons, la rate et la moelle, le foie, les reins, le coeur et le cerveau).

À noter, l’atteinte myocardique (myocardite et conséquences) explique les décès soudains de patients sortis de réanimation dont la fonction respiratoire s’était améliorée au cours de la prise en charge et n’était plus le problème majeur.

Formes de l’enfant

Les enfants et adolescents présentent très majoritairement des formes asymptomatiques (environ 20 % des formes de l’enfant dans les études publiées à ce jour) ou bénignes dans lesquelles la fièvre et la toux sont beaucoup moins présentes (subfébriles, toux discrète). Les formes digestives légères pourraient être plus fréquentes dans cette population (diarrhée peu abdondante). En revanche, dans les études réalisées notamment en Chine, la proportion de sujets COVID+ parmi l’ensemble des enfants testés n’était pas négligeable (10%), ce qui souligne le rôle de vecteur de transmission qu’ils peuvent jouer (Lu X, Zhang L, Du H, et al. SARS-CoV-2 Infection in Children. N Engl J Med. March 2020:NEJMc2005073. doi:10.1056/NEJMc2005073.)

Scanner thoracique

L’imagerie thoracique, avec une sensibilité de 80% pour le TDM thoracique, est d’une très grande valeur⁠12 dans le diagnostic⁠13, le suivi thérapeutique et le pronostic du COVID. Les TDM sont répétés pendant la prise en charge afin de surveiller l’évolution des patients.

Au stade précoce, COVID-19 présente souvent des ombres inégales multifocales ou des opacités en « verre dépoli » situées en périphérie pulmonaire, en sous-pleural et/ou au niveau des lobes inférieurs sur les CT thoraciques. Le grand axe de la lésion est principalement parallèle à la plèvre.

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Un épaississement septal interlobulaire et un épaississement interstitiel intralobulaire, se manifestant par une réticulation sous-pleurale, correspondant au motif de « dallage fou » (correspondant à un syndrome alvélolo-interstitiel), sont observés dans certaines opacités en verre dépoli. 

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Un petit nombre de cas peut présenter des lésions solitaires, focales ou des lésions nodulaires / inégales associées à des opacités en verre dépoli périphériques. La progression de la maladie se produit principalement sur 7 à 10 jours, avec une progression régulière du nombre et de la taille des lésions par rapport aux images précédentes, et des lésions correspondant à des condensations avec bronchogramme aérien. 

Les cas critiques peuvent montrer une consolidation plus étendue des lésions, avec opacification de l’ensemble du parenchyme pulonaire, encore appelée « poumon blanc ». Une fois le cap aigü passé et la pathologie en régression, les opacités en verre dépoli peuvent être complètement réabsorbées sans séquelles, quand certaines lésions de consolidation laisseront des bandes de fibrose ou des réticulations sous-pleurale.

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Les patients présentant une atteinte lobulaire multiple, en particulier ceux présentant des lésions étendues, doivent être placés en surveillance rapprochée pour prévenir une exacerbation de la maladie, celle-ci étant le plus souvent très rapide lorsqu’elle survient.

Dans tous les cas, les patients présentant des manifestations pulmonaires typiques au scanner doivent être isolés, et se voir proposer un dépistage par RT-PCR même lorsque le premier dépistage par RT-PCR du SAR-CoV-2 était négatif. 

Les traitements⁠14 potentiels⁠15 en phase de test (également utilisés en Chine pendant l’épidémie):

-Chlorquine ou hydroxychloroquine +/- Azithromycine (action synergique antivirale précoce, avec baisse de la charge virale retrouvée dans les prélèvements, et prévention des atteintes tissulaires liées à l’action du virus)

-Lopinavir/Ritonavir (KALETRA) action antivirale synergique

-Remdesivir (antiviral) premiers résultats prometteurs. 2 grandes études en chine. http://www.clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04252664

-Perfusions de plasmas de patients guéris (Immunoglobulines humaines anti-COVID) (attention au risque d’atteinte pulmonaire —grands volumes transfusés— de même qu’au risque infectieux)

Les autres traitements recommandés sont symptomatiques (antipyrétiques, oxygénothérapie, IOT et Ventilation, nutrition par sonde naso-gastrique ou parentérale, contrôle strict des apports liquidiens, antibiothérapie dans les surinfection -et parfois antifongiques-, ECMO, etc.). 

Les patients les plus sévères répondent bien à la ventilation en décubitus ventral, qui est recommandée dès que Pa02/Fi02<150 mmHg.

Hypercoagulabilité

Le COVID exerce sur l’organisme et les différents organes pouvant être atteints un effet pro-inflammatoire par différents mécanisme, et cet effet va à son tour favoriser proportionnellement la survenue d’un effet pro-coagulant (favoriser la formation de thrombus ou caillots). Il est maintenant établi qu’une prophylaxie par HBPM type Innohep ou Lovenox chez les patients en soins intensifs ou en réanimation est recommandée.

Critères de guérison⁠16

Les critères autorisant la sortie de l’hôpital (en dehors d’une période de surcharge des capacités hospitalières) étaient: absence de fièvre pendant au moins 3 jours, régression nette des lésions au scanner thoracique, rémission clinique de la symptomatologie respiratoire, 2 (parfois 3 en fonction des protocoles) RT-PCR consécutives négatives pour le SARS-CoV-2 à au moins 24h d’intervalle.

Gestes contaminants, protection vis-à-vis du COVID, survie sur les surfaces et en aérosols

Le COVID est transmis de plusieurs façons. Transmission aérienne interpersonnelle par les gouttelettes de Pflügge et de petits aérosols générés par la toux et les éternuements. Par une contamination via des surfaces⁠17 contaminées (le virus peut rester présent et vivant de quelques heures à quelques jours⁠18 en fonction des surfaces et des conditions —air libre, athmosphère protégée…— et une auto-inoculation en portant la main au visage (muqueuses oculaire, orale, nasale…). Et enfin par transmission orofécale (les selles sont contaminantes).

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Les principaux gestes médicaux contaminants sont donc tous ceux qui favorisent un contact proche entre le visage du médecin ou du professionnel de santé et l’appareil respiratoire du patient. En particulier les intubations orotrachéales, les examens ORL, les gestes de stomato ou de dentisterie, les prélèvements oropharyngés ou naso-pharyngés par des médecins biologistes, etc.

En corollaire, pour se protéger il convient de systématiquement faire porter un masque (au minimum FFP1) aux patients, et porter soi-même un masque. À défaut de masques chirurgicaux ou FFP2, porter un masque en tissu fait maison. Éviter les rassemblements de personnes et les lieux publics. Sortir le moins possible de chez soi. Ne pas s’approcher à plus de 2m les uns les autres (un contact de plus de 10 min à moins de 1,5m est potentiellement contaminant). Se laver régulièrement les mains au savon ou avec une solution hydroalcoolique. Le port du masque est une des seules façons d’éviter les contacts inconscients entre les mains et le visage (on se touche en moyenne le visage plus de 200 fois par jour).

Les professionnels de santé amenés à s’occuper de patients COVID doivent être équipés de FFP2, charlotte, lunettes, casque avec visière, surblouse étanche, surchaussures.

Survie du virus en aérosols et sur les surfaces.

Le virus peut survivre plus de 3h lorsqu’il est présent sous forme d’aérosols (éternuements, nébulisation…) dans une atmosphère calme et confinée (il est recommandé d’aérer régulièrement les pièces recevant des individus COVID+ qui le permettent, on pense en particulier aux cabinets médicaux).

Clarifions un point au sujet des aérosols. Saufs cas particuliers, la plupart du temps le virus ne reste pas dans l’air, ni ne voyage dans l’air: comme toute chose sur terre, il est soumis à la gravité, et il retombe sur le sol ou les surfaces. Dans quelques cas cependant, il peut rester dans l’air un peu plus longtemps (en particulier dans les atmosphères sans vent et confinées) sous la forme d’aérosols.

Il peut également survivre 24h sur du carton, 3 jours du plastique, 4 jours sur le bois et l’acier, et 5 jours sur le verre (en l’absence de désinfection, et si ces surfaces ne sont pas exposées aux UV). https://www.journalofhospitalinfection.com/article/S0195-6701(20)30046-3/fulltext ; https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.09.20033217v1.full.pdf

Curiosités

Il est probable que la gravité des symptômes dépendent autant voir plus de l’inoculum initial (charge virale contaminante ou contaminations répétées) que des comorbidités (âge, hypertension, diabète, cardiopathies, insuffisance respiratoire préexistante, etc.). D’où l’importance de la prophylaxie primaire (protection contre la contamination, en particulier FFP2, lunettes, casque, gants, sur-blouse étanche, charlottes, sur-chaussures).

On retrouve du SRAS-CoV-2 jusqu’à 15 jours après guérison⁠19 (donc 15 jours après avoir eu 2 ou 3 tests RT-PCR négatifs à 24h d’intervalle). On pense que l’ARN retrouvé est probablement inactif (virus morts), mais il convient néanmoins par mesure de précaution en attendant d’autres études de considérer qu’un malade guéri peut potentiellement être contaminant pendant 15 jours après la guérison (Baden LR, Rubin EJ. Covid-19 – The Search for Effective Therapy. N Engl J Med. March 2020. doi:10.1056/NEJMe2005477.).

Des cas de malades guéris réinfectés quelques semaines plus tard et ayant fait une seconde fois la maladie (décrits notamment en Chine et au Japon) amènent à s’interroger sur l’immunité que confère le virus: varie-t-elle selon les individus, est-elle incomplète? Des recherches sont en cours pour recueillir plus d’éléments sur le sujet crucial de l’immunité post-COVID. Dans le même temps, le recours (semble-t-il avec un certain succès) aux transfusions de plasma de patients guéris —immunothérapie par anticorps humains anti-COVID— plaide pour un certain degré d’immunité conféré par le contact avec le COVID (si ça marche, c’est que les guéris ont développés des anticorps, et que ceux-ci sont capables au moins dans une certaine mesure de reconnaître et inactiver le virus).

Actuellement, nous n’avons pas de preuve d’une éventuelle tératogénicité du COVID. Il semble par ailleurs qu’il n’y ait pas de transmission foeto-maternelle: le COVID en cours de grossesse n’a donc a priori pas d’autres conséquences sur le fétus que celles qu’il peut avoir sur la femme enceinte qui le porte. En cas de COVID de la mère en post-natal immédiat, il n’y a pas encore d’étude sur la possibilité d’une contamination par l’allaitement. Par précaution, il paraît plus prudent de tirer son lait pendant 3 semaines en attendant de plus amples études. Les nouveaux-nés, comme les autres enfants, sont moins susceptibles au COVID (formes plus légères), même si la contamination demeure possible, de même que potentiellement d’exceptionnelles formes graves.

Réponses aux autres questions posées sur les réseaux sociaux

Réponse à la question: les moustiques peuvent-ils transmettre la maladie? Non. Ils ne sont ni hôtes ni vecteurs des coronavirus.

Jusqu’à quelle distance maximale les éternuements ou la toux peuvent-ils projeter des gouttelettes de Pflügge et du virus? 5 mètres environ.

Est-il vrai que le protocole Raoult n’est pas testé dans l’étude Discover? Oui c’est vrai. L’étude ne teste que la chloroquine et sur des COVIDs sévères. Raoult cherche à confirmer une intuition que nous partageons: la chloroquine serait plus intéressante en début de symptômes pour limiter la charge virale et donc les dégâts. Son protocole associe Chloroquine et Azithromycine, et est idéalement délivré dès les premiers symptômes.

Les enfants et les femmes (je rajoute les hommes) qui prennent des anxiolytiques sont-ils à risque? Non. Aucun risque ajouté par la prise d’anxiolytiques.

Peut-on attraper le COVID par rapports sexuels? Des études montrent le passage de virus dans le sperme. Ce n’est donc pas formellement exclu. Mais de toute façon un rapport sexuel nécessite d’être à moins d’1 mètre de sa partenaire: le risque majeur de contagion reste la transmission aérienne dans ce contexte.

Une flambée épidémique est-elle probable au moment où le confinement sera levé? Si aucune mesure de protection (masques, dépistage systématique, isolement des cas dépistés) n’est prise, oui. Mais le confinement ne devrait logiquement être levé qu’après que l’on se soit assuré de la possibilité d’une protection (masques, mesures barrières) et d’un dépistage systématique associé à l’isolement de tout COVID+.

Pourquoi le génome du SRAS-CoV-2 se termine par une séquence de aaaa? C’est une queue poly-a (polyadénylation) classique pour les virus à ARN de polarité positive comme les coronavirus ou les picornavirus. Dans le cas des coronavirus, cette queue poly-a est nécessaire à la réplication (Spagnolo JF, 2001, Tails in coronavirus replication).

Les cheveux longs peuvent-ils être source de contamination? Oui, comme les barbes. Les virus peuvent plus facilement y trouver asile. Il est recommandé de les placer sous une charlotte ou les couper, et les laver fréquemment au savon (shampoing). C’est surtout vrai pour les professionnels de santé.

Faut-il croire la version chinoise de l’origine du virus, et quid du P4? La méthode scientifique est de ne rien croire sans tester les hypothèses. Ici la version chinoise est pour le moins pleine de trous. Le virus aurait pour réservoir une espèce de chauve-souris qui n’existe pas dans la nature à moins de 900 km de Wuhan. Le marché dans lequel elle s’est initialement propagé n’était pas un marché aux animaux, mais un marché aux poissons et fruits de mer. 13 des 41 premiers cas n’avaient aucun rapport avec le marché en question. etc. D’autres hypothèses peuvent être mises à l’épreuve de la réalité, et la question au sujet de l’origine de l’épidémie reste ouverte, en gardant à l’esprit que l’explication la plus simple est souvent la meilleure. Quant au P4, factuellement, un des rares laboratoires de recherche virologique P4 de Chine continentale (et dont la construction fut consécutive à l’épidémie de SRAS) est en effet situé à Wuhan.

Quelle est la différence entre le SRAS et le SRAS-CoV-2? Pour simplifier, peu de différences. Le CoV-2 est un SRAS un peu « vitaminé ». Les séquences génétiques sont très proches. Le mode d’entrée dans les cellules et les organes touchés aussi. La grande différence est que le SRAS n’était contagieux que 6 jours après le début des symptômes, ce qui rendait le recours à la quarantaine particulièrement efficace (et permettait d’isoler facilement les patients contagieux avant qu’ils ne le soient, faisant chuter le Ro).

Le virus survit-il sur les textiles (vêtements)? Oui, il peut survivre un ou deux jours. Mais on peut facilement les stériliser tout simplement en les nettoyant à la machine (savon), ou à l’eau à une température>60°C pendant au moins 30 mn.

On nous parle des risques pour les obèses, les hypertendus, et en même temps on voit des jeunes qui décèdent sans facteurs de risque: qu’est-ce qui l’explique? Le sur-risque existe (âge, le fait d’être un homme, HTA, diabète, FRCV, etc.) mais est modeste. Ce qui explique les formes graves chez les sujets plus jeunes sont à la fois des différences interindividuelles de susceptibilité, et (facteur majeur probablement sous-évalué) la charge de l’inoculer initial, ou des inoculations répétées.

Applaudir aux fenêtre entraine-t-il un risque de contamination? Non, aucun risque particulier (à condition d’être bien à distance de ses voisins, et de ne pas être sous le balcon d’un patient COVID+ qui crache ses poumons).

Les animaux sont-ils vecteurs. Le COVID survit plutôt bien dans les poils, attention donc au pelage des animaux (et de la même façon se raser pour les hommes et porter les cheveux courts est une mesure de protection recommandée pour les personnels soignants). Une étude du journal Nature a par ailleurs montré que si les chiens ne peuvent pas faire la maladie, les chats et les furets par contre peuvent la contracter et la transmettre: ils peuvent être vecteurs et hôtes de la maladie.

Existera-t-il des tests pour savoir si l’on a fait le COVID? Oui, les tests sérologiques, accessibles dans très peu de temps.

Est-il vrai que les stocks de médicaments sont relativement bas pour certaines spécialités thérapeutiques? Oui. Comme pour les masques, surblouses, etc., la préparation n’a pas été optimale. La sécurisation de l’approvisionnement en médicaments est une urgence. Retrouver notre souveraineté sanitaire sera un impératif lorsque nous sortirons de cette crise.

Où sont les tests RT-PCR? Que faut-il pour être testé? Les tests sont dans les laboratoires hospitaliers et de ville partout en France. En ville les laboratoires essayent d’organiser une majorité de labo COVID free pour les patients « classiques » et quelques laboratoires ou drive-through COVID+ par département de façon à éviter la propagation de la maladie. Pour bénéficier d’un test il faut une prescription médicale, puis appeler le laboratoire pour prendre rendez-vous (et savoir à quel endroit se rendre).

Est-il possible d’avoir le COVID, mais pas de fièvre? Oui.

Quelles sont les séquelles? Pour l’immense majorité des patients, aucune. Pour les COVIDs graves, des séquelles notamment respiratoires sont possibles. Des études sont en cours pour préciser la possibilité de séquelles sur d’autres organes.

La congélation détruit-elle le virus? Non. C’est au contraire un moyen utilisé par les virologues pour le conserver.

Je suis allergique au pollen, suis-je à risque? Non.

Comment s’en débarrasser dans l’environnement extérieur?

Le virus est sensible aux ultraviolets ainsi qu’à la chaleur. On peut le stériliser en l’exposant pendant 30 minutes à une chaleur au moins égale à 56 °C —et plus la chaleur est importante moins le temps nécessaire pour l’inactiver est grand—.

Les solvants des graisses⁠ tels que l’éther, l’éthanol, le chlore —eau de javel—, l’acide peracétique, ou encore le chloroforme inactivent de façon efficace le virus. De même que, pour la même raison, le savon.

L’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) est également très efficace.

Attention, la chlorhexidine n’a montré aucune efficacité.

Il est fortement déconseillé de se badigeonner d’eau de javel ou d’alcool: le lavage au savon est largement aussi efficace et bien moins dangereux.

Revenir à l’article de présentation du COVID

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1 Handbook of COVID-19 Prevention and Treatment

2 Chinese Clinical Guidance for COVID-19 Pneumonia Diagnosis and Treatment (7th edition) http://kjfy.meetingchina.org/msite/news/show/cn/3337.html

3 Rodriguez-Morales AJ, Cardona-Ospina JA, Gutiérrez-Ocampo E, et al. Clinical, laboratory and imaging features of COVID-19: A systematic review and meta-analysis. Travel Medicine and Infectious Disease. March 2020:101623. doi:10.1016/j.tmaid.2020.101623.

4 Wang D, Hu B, Hu C, et al. Clinical Characteristics of 138 Hospitalized Patients With 2019 Novel Coronavirus–Infected Pneumonia in Wuhan, China. JAMA. February 2020:1-9. doi:10.1001/jama.2020.1585.

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