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La Thérapie Oubliée

La thérapie oubliée

Au moment ou Freud, Young et Adler posaient les bases de la psychologie et des psychothérapies modernes, Shoma Morita créa sa propre thérapie au Japon, en l’axant sur l’objectif plus que sur l’explication, sur la puissance et la simplicité de l’effet et l’accord avec la réalité plus que sur la symbolique. Elle s’est avérée particulièrement efficace dans le traitement des névroses, des troubles obsessionnels compulsifs et du stress post-traumatique.

Shoma Morita
Shoma Morita

En plus d’être psychothérapeute, Shoma Morita était un moine bouddhiste zen, et sa thérapie a laissé une empreinte spirituelle durable au Japon.
De nombreuses formes occidentales de thérapie se concentrent sur le contrôle et la tentative de modification artificielle des états émotionnels du patient. En Occident, nous avons tendance à croire que ce que nous pensons influence nos sentiments, qui à leur tour influencent notre façon d’agir. En revanche, la thérapie Morita s’attache à apprendre aux patients à accepter leurs émotions sans essayer de les contrôler —sur le principe bien connu de tous ceux qui ont essayé de s’adonner à la méditation bouddhiste—, puisque leurs sentiments vont changer d’eux-mêmes à la suite de leurs actions. C’est une thérapie du lâcher-prise, ce concept qui commence à être redécouvert ces dernières années, et prouve étude après étude toute sa puissance thérapeutique.
En plus d’accepter les émotions du patient, la thérapie Morita cherche à « susciter » de nouvelles émotions, en laissant des actions les faire naître naturellement dans l’esprit de ses patients. Selon Morita, on peut apprivoiser ces émotions et les convoquer ensuite par l’expérience et la répétition.

Morita montre que la motivation humaine se voit influencée par deux pulsions opposées; un désir de vivre pleinement (s’auto-réaliser) et un désir de maintenir sécurité et confort. Il souligne que ces deux pulsions sont souvent en opposition. Dans la mesure où une personne poursuit ses objectifs les plus ambitieux (relations, éducation, parentalité, développement de carrière, etc.), elle éprouve souvent de l’inconfort et de l’insécurité (anxiété, auto-dénigrement, risque financier ou personnel, etc.). Morita a observé que plus les gens tentent d’éviter ou de contrôler les sentiments d’insécurité, plus cela accentue leurs symptômes et en retour perturbe leur capacité à gérer leur vie quotidienne. De plus, leur attention se fixe de plus en plus sur les manifestations symptomatiques négatives qui naissent de leur effort pour échapper aux sentiments indésirables, ce qui a pour effet paradoxal d’augmenter la fréquence et l’intensité des expériences mêmes qu’ils essaient d’éviter. Au fil du temps, cela entraîne une intolérance croissante aux pensées, sentiments et sensations désagréables; une obsession mentale croissante, une accentuation de l’expérience indésirable; et une diminution de la capacité d’une personne à prendre des mesures utiles. C’est un cercle vicieux qu’il convient de ne pas laisser s’instaurer, ou de briser.


La thérapie Morita ne vise pas à éliminer les symptômes (même si elle y parvient incidemment) ; elle nous apprend plutôt à accepter de reconnaître avec bienveillance nos désirs, nos angoisses, nos peurs et nos soucis, et à les laisser partir. Comme l’écrit Morita dans son livre Morita Therapy and the True Nature of Anxiety-Based Disorders (1):

« En matière de sentiments, il vaut mieux être riche et généreux ».

Morita therapy and the true nature of anxiety-based disorders

Morita a illustré l’idée de lâcher prise des sentiments négatifs au travers de la fable suivante : Un âne qui est attaché à un poteau par une corde va continuer à marcher autour du poteau pour essayer de se libérer, et se faisant il va s’entortiller et sera d’autant plus entravé par la corde et captif du poteau. La même chose s’applique aux personnes qui ont une pensée obsessionnelle et qui sont de plus en plus prises au piège de leur propre souffrance lorsqu’elles tentent d’échapper à leurs peurs et à leur malaise. »

Ce qu’il convient de faire est donc de cesser de se débattre, pour pouvoir dérouler la corde, et finalement s’en détacher. Ce n’est pas la douleur et la maladie qui s’en vont. C’est le malade qui s’en va.

L’objectif de la thérapie Morita est l’arugamama (acceptation de la vie telle qu’elle est). Très souvent, les êtres humains éprouvent une insatisfaction face à la vie telle qu’elle est par rapport à la vie telle qu’ils peuvent la rêver. Nous ne répondons pas à nos propres attentes, ou nous nous sentons frustrés par des personnes qui ne sont pas aussi patientes, aimables ou serviables que nous le croyons. Notre esprit porte sans cesse des jugements ; la vie ne nous semble pas ce qu’elle devrait être. Le résultat naturel de cette insatisfaction et ce décalage entre la réalité et nos désirs est que nous nous efforçons de faire en sorte que la vie corresponde davantage à notre idéal. C’est une bonne chose à petite dose afin de nous améliorer et tenter d’améliorer le monde autour de nous (cela nous permet de remarquer ce qui ne va pas et nous motive pour y apporter des changements). Cette approche présente toutefois de sérieux inconvénients. En particulier, dès que nous nous approchons de l’idée que nous avons de la perfection, notre esprit est capable d’imaginer comment la vie pourrait être encore meilleure. Lorsque nous y parvenons, l’esprit se fixe un nouvel objectif. Le résultat est que nous vivons dans une sorte d’insatisfaction permanente vis-à-vis du moment présent, confortés par la conviction qu’une fois que nous aurons réparé ce qui ne va pas, nous serons satisfaits. Cependant, lorsque ce « futur » arrive, il ne s’agit que d’un moment présent insatisfaisant de plus. Ainsi, nous vivons comme si le moment présent était un obstacle à nos rêves et nos ambitions. Or le présent est la réalité: c’est tout ce dont nous disposons. Il se peut que nous ne soyons jamais vraiment satisfaits de la façon dont les choses se passent à ce moment-là, et que l’avenir idéalisé n’arrive jamais. Notre vie devient alors la poursuite d’un mirage idéalisé qui s’éloigne d’autant plus que nous tentons de l’atteindre. Un autre problème est que notre esprit est capable d’imaginer et de souhaiter des choses sans en concevoir les effets dans la réalité. Par exemple, les gens veulent adopter des modes de vie sans en connaître l’issue naturelle. Les gens s’imaginent qu’ils peuvent négliger leurs ressources physiologiques et abuser de leur corps sans jamais en payer le prix par leur santé. Les gens s’imaginent qu’ils peuvent vivre pleinement et ne pas éprouver les pensées et les sentiments inconfortables ou désagréables qui font pourtant naturellement partie de toute vie, et a fortiori d’une vie ambitieuse. Morita a décrit cela comme une sorte de « contradiction de la pensée ».

La thérapie Morita consiste donc à accepter l’inconfort qui est inhérent à toute vie plutôt qu’à vouloir s’en débarrasser à tout prix. Au travers d’actions spécifiques, elle vise à impulser des sentiments positifs (confiance en soi, sérénité, joie) que l’on puisse mobiliser au moment opportun. Elle apprend également à cesser de s’observer pour s’immerger dans l’instant, au travers de l’action réalisée en pleine conscience.

  1. Shoma Morita, le livre
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